Le stress. Un mot qu’on entend à longueur de journée, parfois galvaudé, parfois minimisé. Pourtant, derrière ce terme fourre-tout, il y a un phénomène biologique et psychologique très précis — et surtout très puissant. Avant de chercher des solutions, commençons par comprendre ce qui se passe réellement dans notre corps et notre cerveau quand “le stress monte”.
Le stress : un mécanisme de survie
À l’origine, le stress n’est pas notre ennemi. C’est un mécanisme archaïque de survie hérité de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Face à un danger (un prédateur, par exemple), notre corps déclenche une cascade hormonale destinée à nous faire réagir vite : fuir ou nous battre. C’est ce qu’on appelle la réaction de stress aigu, ou réaction “fight or flight”.
C’est l’hypothalamus (dans le cerveau) qui tire la sonnette d’alarme.
Il envoie un signal aux glandes surrénales, qui libèrent deux hormones clés :
- ADRENALINE : elle augmente instantanément le rythme cardiaque, la tension artérielle et la respiration. Adrénaline c’est l’allumage immédiat. Elle est sécrétée en quelques secondes lorsque le cerveau perçoit une menace. C’est elle qui prépare votre corps à l’action immédiate.
Quels effets ? :
- Votre cœur bat plus vite : pour envoyer plus de sang vers les muscles.
- Vos pupilles se dilatent : pour mieux voir.
- Votre respiration s’accélère : pour apporter plus d’oxygène.
Par exemple :
Vous marchez dans la rue, un scooter surgit de nulle part. Vous sautez sur le trottoir sans même y réfléchir. Ce réflexe ? C’est l’adrénaline. Elle vous a permis de réagir avant même que vous ayez le temps d’analyser.
- CORTISOL : elle libère du glucose dans le sang pour fournir de l’énergie à nos muscles.
C’est le carburant prolongé. Le cortisol prend le relais après l’adrénaline. Il aide à maintenir l’alerte si la situation dure. Il mobilise de l’énergie pour “tenir le coup”.
Quels effets ? :
- Il libère du glucose dans le sang : pour nourrir cerveau et muscles.
- Il augmente la vigilance.
- Il inhibe les fonctions “non urgentes” : digestion, sommeil, système immunitaire.
Par exemple, un dossier urgent arrive à 17h. Vous restez concentré jusqu’à 21h, vous oubliez même de manger. Vous vous couchez tard, mais votre esprit reste en boucle. Ce n’est plus l’adrénaline : c’est le cortisol qui vous maintient en tension.

Le problème ? Le stress chronique
Le stress devient problématique lorsqu’il devient constant. Quand notre cerveau continue d’interpréter notre quotidien comme une suite de menaces (les emails s’enchaînent, les notifications ne s’arrêtent pas, les attentes sont floues, ou les conflits larvés s’accumulent …), le système d’alerte ne se coupe plus. Résultat :
- Trop de cortisol sur la durée = fatigue, troubles du sommeil, prise de poids, anxiété.
- Trop d’adrénaline = tension nerveuse, irritabilité, troubles cardiovasculaires.
- Et à terme : épuisement, voire burn-out.
Vous êtes en surcharge depuis des semaines. Chaque matin, vous vous réveillez épuisé(e), vous êtes moins patient(e), vous tombez souvent malade. Votre corps est en stress chronique. Il tire sur les réserves… sans les recharger.
Ce que dit la psychologie : stress perçu ≠ stress réel
Ce qui est stressant n’est pas forcément objectif. Deux personnes peuvent vivre la même situation, l’une avec détachement, l’autre avec une boule au ventre. Ce qui fait la différence ? La perception du contrôle et la signification qu’on donne à ce qui arrive.
C’est ce que décrit le psychologue Richard Lazarus dans sa théorie du stress transactionnel :
« Ce n’est pas l’événement qui détermine notre stress, mais notre évaluation de la situation et de nos ressources pour y faire face. »
Pour gérer le stress personnel, des symptômes
à ne pas négliger
Le stress chronique n’est pas toujours bruyant. Il s’infiltre. Il s’installe. Voici quelques signaux qui méritent qu’on s’y arrête :
- Difficulté à se concentrer
- Ruminations, anxiété diffuse
- Troubles du sommeil
- Maux de dos, de tête, tensions musculaires
- Sensation d’épuisement “même au réveil”
Le stress n’est pas une faiblesse. C’est un signal d’alarme à écouter, pas à étouffer.
Gérer le stress personnel : ça commence par là
- Comprendre ses déclencheurs
Quels sont les moments, les personnes, les situations qui activent mon stress ?
Est-ce lié à un manque de contrôle, de reconnaissance, de clarté ? - Agir sur ce qui dépend de moi
- Organisation (réduire la charge cognitive)
- Communication (exprimer un besoin ou poser une limite)
- Mouvement (activité physique = excellent régulateur naturel du cortisol)
- Apprendre à réguler les émotions
- Respiration, cohérence cardiaque
- Approches comme la Communication NonViolente (CNV)
- Coaching ou accompagnement pour comprendre ses schémas internes
Formations & coaching : on en parle ?
Si vous êtes concerné(e) par le sujet, nous proposons des formations et cycles de coaching sur la gestion du stress et des émotions.
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